Plus nous crierons après nos enfants, plus ils auront des habitudes nerveuses. Tirer les cheveux, mettre les doigts dans le nez, cligner des yeux, faire pipi au lit et encore d’autres symptômes de stress, tout cela augmente lorsque les parents crient plus. Plus nous crierons, plus leur santé physique se dégradera : encore plus de maux de tête, de maux d’estomac, de rhumes et de grippes. Plus nouscrierons, plus ils auront tendance à avoir des problèmes de comportement : désobéissance et attitude de défi à la maison et/ou à l’école. Plus nous crierons, plus nos enfants auront des problèmes sociaux : être victimes des enfants tyrans, être eux-mêmes des enfants tyrans, avoir du mal à se faire et à garder des amis. Et plus nous crierons, plus ils auront tendance à être distraits dans leur travail scolaire. Aucun enfant d’une maison où l’on crie ne s’effondre de toutes ces façons à la fois. C’est la vulnérabilité de chacun qui déterminera la ou les zone(s) de fonctionnement qui pourront être affectées.

Et il y a plus. Si nous leur crions dessus pendant deux décennies consécutives (c’est-à-dire à travers les années de l’adolescence), arrivés à l’âge adulte, ils auront tendance à avoir : plus de troubles de la personnalité, plus de problèmes relationnels, plus de dépression et d’anxiété, plus de problèmes de santé, plus de difficultés pour éduquer leurs enfants, plus de dysfonctionnements de toutes les sortes possibles.

Plus nous crions à nos enfants, et moins ils nous apprécient. Moins ils nous apprécient, moins ils veulent être comme nous. En ne s’identifiant pas à nous, ils peuvent rejeter nos enseignements, nos valeurs et tout ce que nous voulons leur transmettre. Ainsi, plus nous crions, moins nous pouvons influencer nos enfants dans la direction que nous voulons qu’ils empruntent. Transmettre notre héritage juif, leur enseigner à différencier le bien et le mal, leur apprendre ce qui nous semble fondamental – notre capacité à faire tout cela est sérieusement menacée si nous crions sur nos enfants.

De plus, il y a de bonnes chances que les enfants sur qui nous crions fréquemment pendant 20 ans ne nous aimeront plus tellement quand ils grandiront et quitteront la maison. Certains ne nous parleront plus jamais. Certains iront habiter à l’autre bout du monde et n’appelleront qu’une fois de temps en temps. Certains resteront suffisamment près pour se disputer avec nous pour toujours. Peut-être verrons-nous nos petits-enfants. Peut-être pas. Et nos petits-enfants seront très susceptibles de se faire crier dessus parce que nous aurons installé dans le cerveau de nos enfants le logiciel du cri. Lorsque nous crions contre nos enfants, nos cris parviennent à nos petits-enfants et au-delà.

Donc, même s’il est tentant de crier pour toutes les raisons citées plus haut, c’est probablement un prix trop élevé à payer pour obtenir un peu de coopération. Heureusement, il existe des alternatives inoffensives et puissantes pour obtenir la coopération d’un enfant. Cela vaut la peine de les apprendre.

De très nombreuses études ont montré qu’il n’est pas vraiment possible d’influencer les enfants d’une façon positive sans avoir au préalable établi un lien avec eux.
Si punir, sermonner, gronder, accuser, humilier et crier ne créent pas de lien, alors quelles sont les alternatives ?

Quels outils pour connecter avec l’enfant ?
Connecter avec l’enfant par l’écoute :
° Ecouter de façon active…écouter vraiment. Prendre le temps de centrer toute son attention sur l’enfant (éliminer les parasites comme les télephones portables, par exemple).
La connexion s’établit lorsque l’adulte commence par valider ce que ressent l’enfant. De la même façon, n’est il pas plus facile pour nous adulte, d’être en lien et réceptifs à l’autre lorsque nous nous sentons compris ?
° Partager avec lui nos sentiments, de façon appropriée.
Souvenons-nous que les enfants nous écoutent après avoir eu le sentiment d’être écoutés.

Les enfants se sentent mis en valeur quand nous partageons respectueusement avec eux quelque chose de personnel.
Respectueusement, c’est à dire sans inventer d’histoires pour faire valoir notre point de vue ou transmettre une morale. Un partage vrai.
° Se centrer, avec les enfants, sur les solutions possibles, une fois le calme revenu. Le mot « avec » est omniprésent parce qu’il représente la voie royale de la connexion.
° Prendre du temps pour s’entraîner et installer les apprentissages de façon respectueuse.
° Poser des questions de curiosité pour aider les enfants à explorer les conséquences de leurs choix au lieu de leur faire subir les conséquences.
° Faire confiance aux enfants, aux élèves pour gérer eux-même leurs problèmes. (Apportons-leur notre soutien dans la recherche de solutions, validons leurs émotions, témoignons-leur notre affection tout en résistant à la tentation de trouver pour eux une solution, de réparer à leur place).
° Passer avec eux un « temps dédié », à deux (sans portable). Rien ne saurait crée un lien plus riche avec nos enfants, nos élèves, que de passer avec eux un temps de qualité apprécié par chacun.
° Les gestes d’affection, lorsque le contexte s’y prête et que cela permet de se sentir mieux avant de faire mieux.

Exercice 3. La barque qui tangue.

On compare souvent une relation à une embarcation, comme en témoigne l’expression « on est tous sur le même bateau  » parfois nous parlons même de la galère ! que faire lorsque le bateau menace de chavirer ?

Lisez la consigne suivante, puis répondez à la question posée.

Imaginez que vous êtes  avec une autre personne sur une petite barque, sur une rivière calme et claire. Tout d’un coup, la personne qui vous accompagne se penche de plus en plus d’un coté, commençant à déséquilibrer fortement l’embarcation…

Que faites vous alors?

Savez-vous ce que ferait un systémicien dans la même situation?

Il se pencherait du même côté que l’autre personne, mais un peu moins qu’elle, ce qui conduirait sûrement cette dernière à corriger d’elle-même son comportement et à ramener ainsi la situation vers un point d’équilibre et de sécurité. En systémie, nous parlons de comportements symétrique.

Votre solution ressemble à celle proposée par le systémicien ?

Quelles sont certaines des situations professionnels, familiales,sociales qui vous fait penser à cette métaphore de la barque et dans lesquelles cette façon systémique de vous y prendre pourrait vous être utile?

 

« le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux. »
Marcel proust.

L’approche systémique se distingue des autres approches par sa façon de comprendre les relations humaines. En effet, la personne n’est pas le seul élément analysé dans la démarche. L’intervenant accorde aussi une importance aux différents systèmes dont elle fait partie (familial, professionnel, social, etc.). Cette personne est influencée à la fois par ses intentions, celles des autres, et celles des possibilités du milieu et/ou du système.

 L’intervenant s’intéresse aux règles de vie, aux processus de rétroactions, aux buts recherchés, aux mécanismes d’équilibre et aux pressions vers le changement.  Il observe les modalités de communication, la congruence, le niveau de différenciation et d’engagement au sein du système.  Il s’intéresse au niveau de remise en question permis, à la flexibilité des rôles ainsi qu’à leur degré d’adaptation à l’état actuel du système.

 L’histoire de la famille agit sur l’individu. Cet individu transporte avec lui des valeurs, des émotions et des comportements véhiculés par la famille et ceci depuis plusieurs générations.

 L’intervenant souhaite amener le système-client au prise avec un problème à communiquer sur un nouveau mode et à vivre autre chose.  Il facilitera le décodage adéquat pour que chacun puisse comprendre les autres.  Il favorisera l’expression des émotions, des souhaits, des intentions positives et des efforts fournis.  Il fournira aux membres du système l’occasion de communiquer sur leur façon de communiquer (métacommunication).

C’est pourquoi je vous propose un à deux exercices par jour pour vous initier.

EXERCICE.1 l’agenda relationnel

« le fardeau supporté en groupe est une plume »

les activités et taches de notre quotidien,qu’elles soient uniques ou répétitives ,sont sources de satisfaction ou d’insatisfaction , en fonction de leur fréquence ,de l’intérêt qu’on leur porte ou de la surprise que l’on y trouve.

Prenez votre agenda et relevez vos activités  familiales ,professionnelles ou intimes.

1.Imaginez deux boîtes et inscrivez dans chacune d’elles, les activités qui engendrent de l’ennui ou de la tension.

2.Entre ces deux boites se trouvent maintenant l’ensemble des activités qui sont source de plaisir ,d’intérêt ,de joie ,de surprise …….Prenez quelques instants pour inscrire ces moments qui sont pour pour vous des occasion de vous ressourcer,de manière ponctuelle ou régulière.

EXERCICE.2 le sens des relations

« La seule possibilité de donner un sens à son existence, c’est d ‘élever sa relation naturelle avec tout le monde à la hauteur d’une relation spirituelle. »

Albert Schweitzer

les relations que nous entretenons avec certaines personnes (amis, collègues, confrères, voisins……) nous aident dans la réalisation et l’aboutissement de nos projets car elles soutiennent nos valeurs et nos croyances.

Choisissez quatre personnes de votre entourage, puis répondez aux questions suivantes.

1.Faites un tableau avec Noms et Prénom (ex: Martine),Valeurs partagées (ex: indépendance, liberté) ,Croyances partagées (ex: tout s’arrange au final, tout arrive à qui sait attendre) .

2.Donc, ce qui est important pour moi (valeurs), c’est…

3. Parce ce que je crois (croyance) que…

4. Et tout cela pour pouvoir (finalité)…

5. Et de façon plus large et plus grande pour (finalité plus grande)…

6. Car je pense que ma mission sur terre est de…

Réaliser les projets de vie qui nous tiennent à coeur suppose de s’appuyer sur les valeurs et les croyances qui nous fondent. L’énergie que l’on mettra dans cette construction dépendra en grande partie de notre capacités à nous connecter à un sens plus large (pour qu’elle finalité ?) qui, s’il nous concerne, nous dépasse aussi (c’est l’approche transpersonnelle). C’est à ce niveau que l’on peut parler de mission (qu’elle contribution vais je apporter qui va bénéficier à d’autres humains).

2.3. Les objectifs

Il est important de fixer des objectifs thérapeutiques car quand on ne sait pas où on va, on arrive en général ailleurs !

  •   Les objectifs doivent être précis, concrets, clairs et exprimés en terme de comportements de façon à devenir les indicateurs externes des changements internes qui se produisent.
  •   On prévoit des étapes minimes, mais réalistes, sur le chemin de la réalité désirée.
  •   Lorsqu’il n’existe pas de réussites antérieures ou d’exceptions au problème, on peutaider le patient à forger un avenir différent en imaginant un miracle.
  •   La«questionmiracle»estunetechniquequipermetd’établirunobjectifetde trouver une solution. Elle aide le patient à préciser en quoi les choses seront différentes lorsque le problème sera résolu.« Supposez qu’un miracle se produise cette nuit et que le problème qui vous amène ici soit solutionné. Vous ignorez que le problème a miraculeusement été résolu puisque vous dormez lorsqu’il se produit. A votre avis, que remarquerez-vous de différent, le lendemain matin, qui vous permettra de savoir qu’un miracle s’est produit pendant la nuit ? »

    La question miracle aide à comprendre où le patient veut aller. Elle permet également de suggérer les étapes à franchir pour obtenir les changements désirés.

    Remarque : La thérapie centrée sur la solution se base sur les objectifs du patient et non sur les vôtres !

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2.2. L’orientation vers les solutions

Retenons aussi la devise suivante : « Il faut se centrer sur les solutions et non sur le problème ! Il faut arroser les fleurs, pas les mauvaises herbes ! »

  •  Il est plus aisé et avantageux de construire une solution plutôt que de tenter de faire disparaître un problème.
  •  Il est plus facile de répéter des comportements qui réussissent déjà que d’essayer de stopper ou de changer un comportement – problème.Exemple : Amener le patient à reproduire ce qui réussit dans la façon d’éduquer son enfant est plus facile que de lui enseigner de nouvelles méthodes qui lui sont étrangères.
  •   Les exceptions au problème présentent des pistes et des clés permettant de résoudre les problèmes.Attention ! Les patients ne pensent pas que ces exceptions doivent être signalées car elles apparaissent insignifiantes en regard des énormes problèmes qu’ils ont à affronter.Une autre devise de la thérapie brève : « Une fois que vous savez ce qui marche, faites en davantage ! »
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2. Concepts de base de la thérapie orientée vers la solution

2.1. Les tentatives de solutions

Les efforts (si bien intentionnés soient-ils) déployés pour résoudre le problème ne font que l’aggraver. Dès lors, les tentatives de solutions entretiennent le problème !

Par exemple, une femme reproche à son mari de ne pas lui prêter suffisamment attention et de ne se préoccuper que de son travail. L’époux, agacé par ces sempiternels reproches, passe de plus en plus de temps sur son lieu de travail et rentre de plus en plus tard chez lui. Au fil des mois, les reproches de la conjointe sont de plus en plus acerbes et le repli du mari de plus en plus prononcé.

En thérapie brève, la devise est : « Si cela ne marche pas, ne le faites plus, faites quelque chose de différent ! »

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1- Le comportement d’un individu survient dans le contexte d’un environnement. L’environnement influence le comportement de l’individu et l’environnement est lui- même influencé par le comportement de cet individu.

Cette observation élargit la notion de problème : un problème n’est pas exclusivement ce qu’une personne présente, c’est également « quelque chose » qui fait partie de son système d’interactions.

  •  Une modification dans l’interaction des membres d’une famille peut permettre à l’un d’entre eux de changer. Lorsqu’une personne change, le reste de la famille en sera affecté. En effet, l’environnement doit se modifier pour s’adapter au changement individuel d’une personne. Chaque participant a donc une influence sur le mode d’interaction en cours et simultanément, il dépend également des autres pour faire fonctionner le système.
  •  Un petit changement effectué par une personne peut être suivi par des modifications importantes au sein de sa cellule familiale.
  •  La famille est l’unité où le problème est apparu. Par conséquent, elle est également l’unité de la solution.
  •  Trouver des solutions dans le contexte des interactions nécessite qu’au moins l’une des personnes engagées dans le système se comporte différemment et renonce, au moins partiellement, à ses comportements prévisibles.
  •  La famille est un système régi par des règles.Exemple : Une mère se comporte d’une certaine manière avec son fils (le critiquer). Le fils réagit (passer plus de temps avec ses amis pour être hors de la maison). La mère le critique de plus en plus parce qu’il participe de moins en moins à la vie familiale. Avec le temps, ce mode d’interaction devient un système répétitif gouverné par des règles prévisibles.

    Néanmoins que les systèmes humains ne sont pas figés ; ils évoluent et changent au cours du temps.

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